Vio 30ans...touche à tout...Maman bio un brin écolo et toujours en talons hauts! Je couds, tricote, bricole, cuisine, pâtisse, materne, allaite, éduque... Vous verrez ici aussi les œuvres de mon photographe de mari!!!
Extrait du livre "The continuum concept" de Jean Liedloff, 1977
Dans les cliniques d’accouchement du monde occidental, il n’y a guère d’espoir de se faire consoler par les louves.
Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie.
Il peut crier aussi fort qu’il veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il n’y a aucun mouvement (pour la première fois depuis l’origine de son existence physique , depuis des millions d’années de son évolution ou de sa félicité éternelle dans l’utérus).
Le seul bruit qu’il puisse percevoir, ce sont les hurlements d’autres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales.
Ce bruit ne peut rien signifier pou lui.
Il hurle et hurle tant qu’il peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à l’air s’épuisent sous le poids de ce cœur désespéré.
Personne ne vient.
Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose qu’il puise faire : il continue de hurler.
A la fin il s’endort, à bout de forces – toute une vie plus tard, hors du temps.
Il s’éveille dans l’angoisse inconsciente du silence, de l’immobilité. Il pleure.
Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, d’impatience insupportable.
Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusqu’à ce que le bruit remplisse son crâne, qu’il soit prêt à éclater.
Il crie jusqu’à ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu. Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots s’affaiblissent puis s’arrêtent.
Il écoute.
Il ouvre et ferme les poings.
Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre.
Rien n’y fait.
C’est insupportable.
Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il s’arrête à nouveau.
Il raidit son petit corps torturé de désir et il perçoit un soupçon de soulagement.
Il remue les mains et gigote.
Il s’arrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable d’espérer.
Il écoute.
Puis il se rendort.
...la suite sur http://echarpes.ouvaton.org/site/textes/extrait%20Liedloff.htm